Donne-moi tes mains

 

'Donne-moi tes mains‘ est offrande, prière, cri, déclaration d’amour, saut de l’ange. Elle m’a traversé comme un cadeau. Aragon m’a offert le LA d’une partition qui courait en moi. Dans ma partition, il y avait une lumière profonde et cocon, chaude comme un ventre de mère. Une lumière qui invite à avancer. A faire un pas. Un pas vers l’autre.
Dans ma partition, se mouvait un espace à respirer, où s’immerger. Où renaitre. Dans ma partition, il y avait mes mains tendues vers des mains à saisir, à aimer, des mains où déposer, des mains liens, liants, offertes, aimantes, rochers et tendres. Dans ma partition, il y avait le rêve d’un instant où tout s’accorde, un instant suspendu où désir et don fusionnent.

 

Les mains d'Elsa


Donne-moi tes mains pour l'inquiétude
Donne-moi tes mains dont j'ai tant rêvé
Dont j'ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé

Donne-moi tes mains que mon coeur s'y forme
S'y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement.

ARAGON Extrait du "Fou d'Elsa"

Éditions Gallimard

 

 

Give me your hands


“Give me your hands” is an offering, a prayer, a scream, a declaration of love, an angel's dive. It shot through me like a present. The French poet Louis Aragon gave me the LA of a score that ran through me. In my score there was a deep and cocooning light, warm as a mother's womb. A light inviting to move forward. To take a step. A step towards the other. In my score, a space to breathe and immerse oneself was moving. A space to be reborn. In my score, there were my hands, reaching towards other hands to grasp, to love, hands in which I could place something, bond-hands, binding, offered, loving, rocks and tender. In my score, there was the dream of a moment when everything fits, a fleeting moment when desire and giving merge.

© Karine Zibaut

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